J'allaitais, j'allaite et j'allaiterais

Publié le par Maviedemaman21

J'allaitais, j'allaite et j'allaiterais

Avant de tomber enceinte, je n'envisageais pas d'allaiter mon bébé. Autour de moi personne ne l'avait fait. C'était pour moi assez contraignant car le papa ne pouvait pas me remplacer pendant le nuit par exemple. Et puis, en parlant avec ma cousine, elle m'a avoué regretter de ne pas avoir allaité son fils, et m'a vanté tous les bienfaits de l'allaitement :

pour le bébé :

  • Le lait maternel contient tout ce dont votre bébé a besoin : protéines, lipides, lactose, vitamines, fer, minéraux, eau et enzymes dans les quantités exactes nécessaires pour une croissance et un développement optimaux.
  • Les bébés nourris au sein sont en meilleure santé. Le lait maternel contient en effet des substances empêchant le développement de bactéries nocives dans les intestins et l'apparition d'infections gastro-intestinales et diarrhéiques.
  • Les bébés nourris au sein présentent moins d'infections de l'oreille moyenne et moins d'infections respiratoires, ainsi qu'un risque moindre de développement d'allergies, de cancer, de diabète de l'enfant et d'obésité.
  • Les bébés nourris au sein sont moins sujets au syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN).
  • L'allaitement d'un bébé prématuré réduit son risque de développer une entérocolite nécrosante (EN).
  • Le lait maternel est pur, ne comprend pas de bactéries et a des propriétés anti-infectieuses.
  • Le lait maternel a la bonne température et ne nécessite pas de préparation. Il est facilement disponible quand votre bébé en a besoin.
  • Les bébés nourris au sein risquent moins de souffrir plus tard de diabète, de cardiopathies, d'eczéma, d'asthme ou d'autres affections allergiques.
  • L'allaitement améliore le développement du cerveau. Des recherches ont fait état d'un meilleur développement visuel et d'une meilleure acuité visuelle chez les enfants allaités.
  • L'allaitement ne consiste pas seulement à alimenter. Il améliore le lien émotionnel entre l'enfant et la mère, et apporte de la chaleur, de l'amour et de l'affection.

pour la maman :

  • L'allaitement réduit les saignements post-nataux et le risque d'anémie.
  • L'allaitement aide l'utérus à retrouver sa taille initiale
  • L'allaitement du bébé aide la mère à retrouver plus facilement son poids initial.
  • L'allaitement retarde le retour de la fertilité.
  • L'allaitement a un effet protecteur contre plusieurs types de cancer, comme le cancer du sein et des ovaires, et contre l'ostéoporose.
  • Les mères allaitantes ont souvent plus confiance en elles et une meilleure cohésion avec leur bébé.
  • Le lait maternel est facilement disponible et permet d'économiser de l'énergie, du temps et de l'argent.

Bref, en sachant tout ça, ça m'a fait réfléchir. Puis je suis tombée enceinte, et je me suis dit que "j'essayerais" d'allaiter. Papa n'y voyais pas d'inconvénients (voir peut être même un avantage pour lui car il n'aurait pas à se lever la nuit !) J'avais quand même prévu quelques biberons, un chauffe biberon...Au fur et à mesure que mon terme approchait, je n'avais qu'une envie : avoir mon bébé en peau à peau et lui donner sa tétée de bienvenue ! Ce fut un moment magique ! On aurait cru que lui aussi attendait ce moment avec impatience !

J'allaitais, j'allaite et j'allaiterais

Les 1ers jours se sont très bien passés, je n'ai même pas eu besoin de demander de l'aide aux sages-femmes. Ma montée de lait est arrivée très rapidement, et bébé a rapidement repris son poids de naissance. Tout se passait à merveille ! Aucune douleur (merci la crème purelane de Medela !), un bébé qui ne pleurait quasiment jamais, et qui prenait bien du poids. La seule ombre au tableau a été un gros baby blues, mais c'est une autre histoire.

Mais au bout de 15 jours-3 semaines, la fatigue commençait à se faire sentir, et bébé pleurait de plus en plus. On a donc décidé de louer un tire lait pour que je puisse tirer mon lait et que papa puisse me relayer la nuit. Papa a donc donné un biberon vers 2h du matin (la dernière tétée étant vers 23h), et bien autant vous dire que j'avais hâte que bébé se réveille pour téter vers 5h ! Du coup on l'a fait une fois mais pas 2 ! Par contre il donnait quelque fois un biberon la journée. Pour pouvoir mieux dormir la nuit, on a mis en place le cododo, bébé commence sa nuit dans son lit, pour la finir dans le notre quand il se réveille, comme ça je peux faire "open nibard" et me rendormir pendant que bébé tète. D'ailleurs un des avantages de l'allaitement que je n'ai pas cité plus haut, est le fait que grâce aux hormones libérées quand bébé tète, les mamans s'endorment plus facilement et ont un temps de sommeil profond plus long. Ce n'est pas allaiter qui fatigue, mais tout simplement de s'occuper d'un nouveau-né tout en continuant de gérer la maison. Bébé a bientôt 6 mois, ne fait pas encore "nos"nuits et on pratique toujours le cododo.

Comme je vous le disais plus haut, bébé pleurait de plus en plus et régurgitait beaucoup. Quelques semaines plus tard, et une bronchiolite en prime, il lui a été découvert un RGO ( à ses 2 mois). Le traitement a mis beaucoup de temps à le soulager, et de ses 3 semaines à ses 3 mois voir un peu plus, les journées ont vraiment été très dures ! D'autant plus que s'est ajouté à ça une baisse de lactation, mais je ne m'en suis pas aperçue tout de suite. A chaque tétée, bébé pleurait et s’énervait sur le sein. J'étais à deux doigts d'arrêter l'allaitement et de passer au biberon, mais au biberon c'était aussi des pleurs à chaque fois. Je me suis rendue à une réunion de la Leache League pour avoir des réponses sur son comportement en espérant qu'elles me motiveraient à continuer d'allaiter. Pour elles, les pleurs et l'agitation pendant les tétées étaient dû au reflux qui lui faisait mal quand il buvait, donc pas vraiment de solution. Au final j'ai quand même continuer d'allaiter en me disant que de toute façon que ce soit au sein ou au biberon il pleurait tout autant. Je suis ensuite allée voir une conseillère en lactation, et quand elle l'a pesé, on s'est rendu compte qu'il n'avait pas pris assez de poids depuis la dernière visite de ses 1 mois chez le pédiatre 15 jours auparavant. Ensuite elle a observé une tétée, pour elle j'avais une baisse de lactation. Elle m'a alors demandé si je souhaitais passer aux biberons ou continuer d'allaiter. Je lui ai dit que je voulais continuer. Elle m'a alors dit que je devrais pendant 2-3 jours tirer mon lait au moins 8 fois par jour après les tétées, lui donner tout ce que je tirais et aussi introduire des compléments de lait artificiel ! Dès mon retour à la maison je me suis exécutée, mais j'avais perdu toute confiance en moi et en ma capacité à nourrir mon bébé. J'étais désespérée quand je voyais le peu de lait que je tirais. Au bout de 4 jours, je suis retournée la voir pour un contrôle mais je ne voyais pas tellement d'amélioration, la quantité que je tirais était toujours moindre et mon bébé pleurait toujours pendant les tétées. A la pesée, il avait pris presque autant pendant ses 4 jours que pendant les 15 jours précédents ce qui était une bonne nouvelle ! Pour elle ma lactation était repartie. A ce moment là son RGO n'était pas encore diagnostiqué et pas encore traité mais fortement suspecté, et pour elle, il était en partie responsable de cette baisse de lactation car à cause de la douleur, bébé ne tétait pas assez.

J'ai donc continuer d'allaiter (jusqu'à 4 mois en attendant la diversification je me disais) et durant les jours (et les semaines !) qui suivirent j'ai continué de tirer au moins 2-3 fois (voir plus) par jour pour continuer d'augmenter ma lactation car pour moi ce n'était pas reparti comme avant, bébé était toujours agité pendant les tétées, et comme je l'ai dit plus haut, j'avais perdu toute confiance en moi. C'était à cause de moi s'il pleurait autant, car à cause de moi il avait faim ! J'ai commencé aussi à boire beaucoup de tisanes d'allaitement, prendre de l'homéopathie, des vitamines spéciales allaitement...

A la visite des 2 mois, la prise de poids était correct, et on a commencé son traitement pour le RGO. Le médecin m'a conseillé de lui donner du lait AR, au mois 4 biberons par jour ! Conseil que je n'ai bien sur pas suivi, car sinon ma lactation en aurait repris un coup ! Je me suis plutôt tourné vers des épaississants à rajouter dans le lait.

Vers ses 2 mois et demi, je suis quand même allée faire vérifier son poids à la PMI. J'étais obsédée par sa prise de poids, car en plus à cause du RGO il régurgitait beaucoup. Sa prise de poids n'est pas super mais ça pouvait aller. Quelques jours plus tard, rendez-vous des 3 mois (un peu en avance) chez le pédiatre, et bébé n'a pas pris un gramme ! Pour le pédiatre, bébé tète trop souvent, et donc n'a pas assez faim pour aller jusqu'au lait gras de fin de tétée. Il faut que j'espace les tétées d'au moins 2h (alors qu'en règle général la journée il tète toutes les 1h-1h30). En bonne élève (et surtout en grande imbécile), j'ai suivi ses conseils, non pas sans difficulté car c'était très dur de le faire tenir plus de 2h sans téter. Je devais revenir la semaine suivante pour contrôler le poids. Entre temps, en grande stressée que je suis, je suis allée le faire peser à la PMI, et là mêmes conseils, espacer les tétées pour qu'il prenne le lait gras, et la prise de poids n'était pas top. Durant cette nouvelle période, je tirais toujours 2/3 fois par jour, complétait avec du lait artificiel et bébé s'énervait toujours sur le sein. La pédiatre de la PMI m'a même implicitement dit que si je refusais de le passer au biberon, il faudrait l'hospitaliser pour voir pourquoi il ne prenait pas de poids. Vous imaginez ma détresse quand elle me dit ça ! Mais bizarrement, au lieu d'introduire plus de biberon, j'ai carrément tout arrêter ! Arrêter de tirer, et arrêter de donner des biberons de compléments ! J'ai décidé de me refaire confiance, et de refaire confiance à mon bébé ! Je le mettais au sein aussi souvent qu'il le réclamait, on a fait (et on fait toujours) des siestes ensemble ou pendant 1-2h il garde le téton en bouche.

Quelques jours plus tard, rendez-vous de contrôle chez le pédiatre, la prise de poids est bonne ! Une semaine plus tard à la PMI également !

Tout commence à aller beaucoup mieux, les pleurs sont beaucoup moins nombreux, je pense que le traitement pour le RGO a commencé à faire effet et les tétées ne sont que du bonheur !

A ses 4 mois, je pensais commencer la diversification mais la pédiatre m'a conseillé d'attendre 5 mois. Je crois que c'est à ce moment là que je me suis dit que du coup j'arrêterais d'allaiter plutôt vers 6 mois. J'ai ensuite découvert la DME, du coup on attendrait ses 5 mois et demi, 6 mois pour commencer la diversification.

Les nuits qui étaient plutôt bonnes auparavant sont devenues de plus en plus difficile avec quelques fois des réveils toutes les 2h ! J'ai également pensé à ce moment là à arrêter d'allaiter en me disant qu'avec les biberons il dormirait mieux, mais en demandant les expériences d'autres mamans, je me suis rendue compte que ce n'était pas la solution.

Au final, bébé va bientôt avoir 6 mois et est toujours allaité, je suis devenue accro, et lui ne s'en plains pas ! Sa prise de poids à la visite des 5 mois était bonne. Je pensais arrêter quand je recommencerais à travailler car depuis l'usage intensif du tire lait (d'où l’appellation "engin de torture" dans mon astuce pour faire tenir les téterelles) je me sentais vraiment pas de le réutiliser, j'avais peur (et j'ai encore peur au moment où j'écris) de voir la quantité de lait que je vais réussir à tirer, mais étant donné que ce moment va peut être être plus tôt que prévu, je ne me sens vraiment pas d'arrêter d'allaiter maintenant, donc je prendrais sur moi !

À mon avis, je vais encore traverser des périodes de doutes, de questionnement, d'envie d'arrêter d'allaiter, mais je me sens bien partie pour aller jusqu'au sevrage naturel.

Edit : Bébé a aujourd'hui 16 mois et il est toujours allaité :) j'ai repris le travail quand il avait 7 mois (j'ai d'ailleurs écrit un article à ce propos sur le blog) j'ai réussi à tirer assez de lait pour le nourir à la crèche et maintenant je peux même aller lui donner le sen directement le midi pendant ma pause. Je crois qu'on est pas prêt de s'arrêter !

L'autre jour je pensais au jour où je donnerais ma dernière tétée, et je me suis mise à pleurer.

J'ai découvert sur facebook un poème (qui m'a fait pleurer aussi) que j'aimerais partager avec vous :

Ma douceur.

Sèvre-moi doucement Je sais que tu me trouves déjà grande, Trop grande peut-être pour les besoins que j’ai. Mais quelque soit notre âge, Nous avons tous des besoins importants pour nous. Je sais que notre relation grandit et évolue, Mais j’ai toujours besoin de toi. J’ai besoin de la chaleur de tes bras Surtout en fin de la journée Lorsque nous sommes au lit, l’une contre l’autre. S’il te plaît, ne soit pas trop occupée pour notre allaitement. Je sais que tu penses que je peux être patiente, Et remplacer une tétée par autre chose, Un livre, un verre de quelque boisson, Mais rien ne peut prendre ta place quand j’ai besoin de toi. Parfois, te câliner, T’avoir contre moi est suffisant. Je suppose que je grandis et que je deviens indépendante, Mais s’il te plaît, soit là pour moi. Ce lien qui nous unit est si fort et si important pour moi, S’il te plaît, ne le rompt pas brutalement. Sèvre-moi doucement, Parce que je suis ta maman, Et que mon cœur est délicat.

Poème de Cathy Cardall, traduit par Murielle Bourbao

L'allaitement est quelque chose de naturel, mais malheureusement pas exempt de problème, mais je pense que quand on veut on peut !

Je ne pense pas que vous serez nombreuses à avoir le courage de me lire entièrement, mais pour celles qui le feront, qui sont ou ont été dans la même situation que moi, je ne peux que vous conseiller de vous faire confiance et surtout de faire confiance à votre bébé, qui est le meilleur stimulateur de votre lactation. Essayez de lâcher prise, de vous reposer, et de faire abstraction des "conseils" du monde médical qui n'est souvent pas assez formé sur l'allaitement et encourage trop rapidement à passer aux biberons. Rejoignez plutôt des groupes de mamans allaitantes (la leache league, ou sur facebook) qui comprendront ce que vous traversez et pourront vous encourager.

Publié dans Tranche de vie

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